Faire flèche de tout bois pour capturer le carbone

18 août 2022

Thématique climatique

Séquestration et captation du carbone ? C’est une des thématiques abordées dans l’atelier speed-meeting, lors de la session du 18 juin sur les solutions inspirantes. Et sur ce sujet, il est d'abord question des forêts.

Bruno Rolland, de l'Office National des Forêts
Bruno Rolland, de l'Office National des Forêts : LocalFocus
Bruno Rolland, de l'Office National des Forêts

« Nous pouvons résumer le rôle de la forêt en trois fonctions principales : les 3 S », explique Bruno Rolland, de l'Office National des Forêts, au sein de l'agence territoriale Isère. « Stockage du carbone quand la forêt pousse, séquestration du carbone dans les produits en bois (meubles, poutres, etc.), et, enfin, substitution, quand on utilise du bois en remplacement d'autres composants. C’est le cas par exemple des structures en bois plutôt qu'en acier, des granulés de bois pour le chauffage, ou encore de la production d'énergie en remplacement d'énergies fossiles. » À savoir aussi : les sols forestiers et naturels stockent beaucoup de carbone, contrairement aux sols artificiels.

La gestion des forêts, un enjeu phare pour « décarboner »

Il n'y a rien d'automatique dans ces fonctions (les 3 S) : cela passe d'abord par des forêts « gérées ». Non, en France la forêt ne disparait pas. Au contraire, elle grandit. En Isère, elle couvre 38 % du territoire, et 28% des forêts sont publiques. Gérer une forêt, c'est veiller à ce que de nouveaux arbres remplacent les arbres sénescents, malades ou brûlés. Il s’agit aussi de conserver le "stock" de forêts, "en favorisant les espèces les mieux adaptées au changement climatique, et en régulant les herbivores qui broutent les jeunes arbres. » La séquestration du carbone suppose donc une filière forêt-bois structurée, active en Isère d'abord sur le bois pour la construction et le bois pour l’énergie.

Une production repensée dans le secteur industriel

L'industrie a aussi un rôle essentiel à jouer. « Mieux produire, c’est-à-dire de façon décarbonée, c'est la nouvelle voie qui s'ouvre pour l’innovation », souligne Marcos Versiani, chargé de la décarbonation au sein de Axelera, le Pôle de compétitivité Chimie-Environnement Auvergne-Rhône-Alpes. Cela passe notamment par des matières premières renouvelables, le recyclage et la recyclabilité « comme fabriquer des granulats à partir du béton », ou encore l'économie circulaire. « Mon rôle est notamment de mettre en rapport les besoins des différents acteurs. Il faut du temps. »

Marcos Versiani, Axelera
Marcos Versiani, Axelera : LocalFocus
Marcos Versiani, Axelera

L'industrie a aussi un rôle essentiel à jouer. « Mieux produire, c’est-à-dire de façon décarbonée, c'est la nouvelle voie qui s'ouvre pour l’innovation », souligne Marcos Versiani, chargé de la décarbonation au sein de Axelera, le Pôle de compétitivité Chimie-Environnement Auvergne-Rhône-Alpes. Cela passe notamment par des matières premières renouvelables, le recyclage et la recyclabilité « comme fabriquer des granulats à partir du béton », ou encore l'économie circulaire. « Mon rôle est notamment de mettre en rapport les besoins des différents acteurs. Il faut du temps. »